Son Bois Communal

La haute et puissante bienfaitrice des pauvres de Nielles, la princesse Marie-Louise Demoraux, avait légué aux pauvres de Nielles, aux environd de 1765, et ce pour un usage exclusif, un bois nommé « la commune de Nielles ». Il leur appartiendrait en propre à seule charge pour eux de faire chaque année célébrer un service solennel pour le repos de son âme.

Que fit l’assemblée des principaux habitants? Elle tint par devers elle le texte de la donation, mit à la disposition de tous, le bois des petites gens, et se dispensa de faire chanter le service annuel qui était de stricte obligation.

A l’instigation du curé, les miséreux se procurèrent le testament, constatèrent l’injustice et à trois reprises (en février 1788), l’on put lire cette affiche sur les portes de l’église paroissiale:

Le 10 avril prochain, les pauvres sont conviés à l’assemblée au presbytère pour délibérer sur les moyens à prendre pour jouir désormais à l’exclusion de tous les riches, du bois de la commune qui était leur patrimoine à eux seuls. On nommera un syndic, des gardes. (Les frais en incomberont aux usurpateurs.)

Ainsi fut dit, ainsi fut fait. La réunion au presbytère réunit une nombreuse assistance. Une supplique à l’intendant fut signée par les uns, d’autres y apposèrent leur marque. Les mauvais riches durent rendre gorge. Les pauvres diables avaient donc pu, eux aussi, faire valoir leurs droits, grâce à l’appui de leur curé.

Ce fait, à citer entre mille autres, n’empêchera pas l’anticléricalisme de crier que l’église est l’amie des riches et l’ennemie des pauvres.