Histoire

Les armes de la ville se blasonnent ainsi: d’or à la quintefeuille de sinople surmontée d’un lambel de gueules.

Maires successifs: 1983 – 2014: Francis DUCROCQ – chef d’entreprise retraité.

2014 – en cours au 27/04/2017: Bruno WALLET – enseignant

En 2014 la commune comptait 842 habitants, en diminution de 4,54% par rapport à 2009.

Nielles les Bléquin est la 10.468 ème ville au classement des communes de France en nombre d’habitants.

Code INSEE: 62613

Ancienne dénomination de la ville: Nielles lez Bléquin

La commune est traversée par la rivière « le Blequin », un affluent du fleuve côtier « l’Aa ».

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d’un âge supérieur à 60 ans (19,2 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l’instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,2 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d’âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,8 % d’hommes (0 à 14 ans = 22,1 %, 15 à 29 ans = 17,9 %, 30 à 44 ans = 20 %, 45 à 59 ans = 23 %, plus de 60 ans = 16,9 %) ;

  • 51,2 % de femmes (0 à 14 ans = 21,2 %, 15 à 29 ans = 16,6 %, 30 à 44 ans = 21,5 %, 45 à 59 ans = 19,5 %, plus de 60 ans = 21,2 %).

Les origines les plus anciennes sont assez obscures. Quelques outils préhistoriques ont néanmoins été trouvés près du moulin, ce qui tend à prouver que cette zone a été très habitée. Les grands traits du paysage niellois sont en place bien avant l’an 1000, époque où le nom de Nielles apparaît sur les premiers documents.

Le nom de Nielles apparaît dans des documents au XI siècle. Le travail des paysans est efficace ; ils sont plus nombreux : un habitat se développe le long de la vallée du Bléquin. (Lares, ancien « Iarris » : friche, le Hamel…) Ils attaquent l’ancien saltus, défrichent et repoussent de plus en plus loin les « Grands Bois ». De part at d’autre des manoirs, (maisons entourées de leurs jardins et vergers enclos de haies), Ie long de la rivière est jalonné de marais, de prés, lieux cl’élevage. Une société féodale, composée de guerriers, domine, du haut de ses donjons, la paysannerie locale. Deux sites fortifiés : – La Motte du Hamel : on peut en voir les vestiges tronqués. – Le Clos de l’Abbaye (St Rémi) qui jouxte_l’église et le cimetière. L’ensemble limité par la Horde-Rue, la rue des Martyrs, l’ancienne place et la rue du Chêne était probablement entouré d’une palissade; « horde » en vieux français signifie « palissade »

L’analyse du paysage niellois montre une opposition entre deux systèmes que sépare la vallée. Au sud du Bléquin, une organisation régulière qui évoque une cadastration géométrique de l’administration romaine. Les cadastrations de l’époque romaine divisent l’espace en carrés d’environ 710 mètres de côté, autour de deux axes principaux, le DECUMANUS (de l’est vers l’ouest) et le CARDO MAXIMUS (du nord au sud) L’axe trouverait son origine à Lumbres, serait suivi, en grande partie, du Chemin de St Pierre-Wismes (avant de se diriger vers la Chaussée Brunehaut : voie romaine reconnue). Il pourrait s’agir du DECUMANUS MAXIMUS. Le cœur du village relève de cette orientation. Les Decumani seraient : le chemin de St Pierre, la limite des manoirs (maison avec champs) de Lares ( ou Larre : mot signifiant friches). Le CARDO (axe nord-sud ) : route de Drionville. Les Cardines ( ou petits cardo) : rue du Hamel, limite Nielles —Vaudringhem… (sources : Gilles Pouchain) Au nord de la vallée, sur le flanc : anciens bois, anciennes friches mises en valeur plus tardivement. (Terrains gagnés sur les Grands Bois : le terme actuel désignant les surfaces non défrichées). En témoignent les lieux-dits : le Cardonnois(chardon)Avesnes de Larre ( avesnes =friches), Breucq (pourquoi pas origines latines : bruscia, broussailles, bruyères). A noter le chemin du Bournizel( Boulonnais) qui est le chemin de crête sur le plateau et aboutit à COEURLU : un nom antique (latin) « coriculum-lucus » bois sacré de coudriers. On peut raisonnablement penser qu’il y a là la marque d’un vaste domaine foncier apparu à l’époque gallo-romaine et qui aurait été ensuite démembré ( ager_: les champs, le système ordonné et le saltus : les friches). On signale des découvertes gallo-romaines à Bléquin et à Beaumont).

Nielles-les-Boulenois, car il est près du Boulonnais, est bien UN VlLLAGE-FRONTIÈRE . Depuis 1477, deux provinces ont un sort politique et administratif divergent : le Boulonnais, non sans difficultés, reste dans le Royaume de France, l’Artois, dont fait partie Nielles, devient autrichien puis espagnol. Entre la France et l’Espagne, il y a souvent la guerre qui touche les provinces du nord, et bien sûr, les villages—frontières sont les plus exposés. En 1595, les soldats ennemis, donc Français, sont passés à Nielles et ont ravagé le village, prenant les forts et l’église. Ils tuent jusqu’aux enfants de 7 à 8 ans. (Faut-il y voir l’origine du nom « Rue des Martyrs » ?) Huit jours durant, le capitaine Delestas a résisté pour ne pas livrer le château de Nielles ; il a terminé à la potence. En 1638, nouveaux ravages lors de la guerre de 30 ans quand les Français tentent de reconquérir l’Artois. La paix revient avec le traité de Nimègue quand l’Artois réservé est rattaché à la France (1677). ; L’effet frontière ne disparaît cependant pas : il existe toujours une frontière au niveau fiscal (contrebande de sel, de tabac…)

La Motte du Hamel est probablement le siège d’un fief important (au XVIIIème siècle, il était appelé « le fief de Marconne ») Bien située, avec un moulin, une chapelle, une tour qui s’élevait dans le manoir de l’autre côté de la rue actuelle, sa base était bordée parle Bléquin. Une société chrétienne : organisée en paroisse sous la protection de St Martin, intégrée au XIIème siècle dans le doyenné d’Helfaut. Une église est alors construite. Des dons sont faits : aux Cisterciens de Clairmarais, par la famille de Coupelle, des droits sur les moulins à St Bertin mais l’acte essentiel est la donation par Baudouin l’aîné de son domaine de Nielles à l’abbaye St Rémi de Reims. Cela a entraîné une situation complexe à Nielles. St Rémi tient la seigneurie foncière où elle se fait représenter par un maire et un prévôt. Une seigneurie vicomtière dispose d’un modeste pouvoir de commandement. ( chevaliers de Selles, sires de Vaudringhem dits « sires de Nielles ».

La seigneurie demeure un cadre important de la société nielloise. En 1586, les moines de St Rémi échangent leur domaine de Nielles contre une seigneurie plus proche. Se succèdent alors les familles de Guemonval, de Noyelles, de Béthune…(jusqu’en 1789 ). A cette date, la seigneurie de Nielles n’est pas sans importance. Elle rassemble maison seigneuriale (située dans la rue du Moulin d’aujourd’hui), elle s’appelait la Prévôté et constituait un des points forts du paysage seigneurial avec le Pilori, sur la place,et la Place Patibulaire – potence- et l’échafaud vers Vaudringhem), manoirs, prairies, bois, terres à labour…

 

Dans un passé plus lointain:

Statistiques 1801: population:

Vivant de leurs biens fonds: 28 soit 19,18%

Artisans:  14 soit 9,59%

Ajoutant un travail à leur revenu: 11 soit 7,53%

Manouvriers:  49 soit 33,56%

Domestiques:  9 soit 6,16%

Mendiants:  35 soit 23,97%

 

Révolutions et mutations:

La Révolution confirme le pouvoir des notables, laboureurs ou anciens officiers seigneuriaux qui  s’emparent en 1790 de la municipalité, pouvoir désormais élu (les Sagot, les Bouvart, les Lardeur, les Vigneux, entre autres, tous laboureurs aisés. Certains symbolisent la dynamique révolutionnaire, tel ce Robert Crachet, issu d’une famille de petits laboureurs. Prêtre assermenté, il devient curé constitutionnel de la paroisse en 1791. C’est un adepte des idées nouvelles, qui se pique entre-autres de science vétérinaire. Il joua un rôle administratif important sous le Directoire.

La richesse foncière de l’Eglise est éliminée par la vente de 300 mesures des biens nationaux, mais les Niellois, modestes laboureurs ne peuvent en acquérir qu’un quart, l’essentiel passant dans les mains de la bourgeoisie audomaroise.

Les électeurs de 1846:

(Le dernier chiffre indique l’impôt payé; pour être électeur il fallait payer plus de 200 fr d’impôt)

Bouvart Charles                            cultivateur………….210

Bouvart Lievin                                brasseur……………..428

Chabé Jules                                     meunier……………….226

Guilbert François                          cultivateur………….205

Guilbert Louis                                 cultivateur………….208

Limosin Lievin                                cultivateur…………202

Quenson François                        président…………..635

Rémond Jean-Baptiste             cultivateur…………203

Sagot Antoine                                cultivateur…………206

Soinne Félix                                     propriétaire……….217

Warenghem Jean                         cultivateur………….242

L’agriculture reste l’activité dominante en cette fin de 19e siècle. voir ce tableau

terres labourables en hectares2400
blé35014.58%
seigle40016.67%
scourgeon502.08%
avoine2008.33%
jachère80033.33%
prairies15
bois318
marais40
vaches149
moutons110
porcs100
volailles750
chevaux62